La situation actuelle évoque
mai 68 : une poignée d’étudiants lancent un mouvement qui ira très au-delà de
leur revendication initiale, un pouvoir qui n'a rien anticipé et qui se
retrouve débordé, une violence extrême dans les affrontements avec la police,
des syndicats et des partis de gauche qui tentent maladroitement de récupérer
un mouvement qui leur échappe, des élections face à la "chienlit "
qui confortent la droite. La peur l'a emporté sur la révolte. Comparaison n'est
pas raison : l'Histoire ne se répète jamais à l'identique. Qu’en sera-t-il en
avril 2027 ?
Différence
notable avec mai 68 : les incohérences du mouvement actuel.
Les lycéens
et étudiants demandent des professeurs devant des classes, des amphis en état
décent, non surchargés, un système clair et juste d'inscription dans les études
supérieures. Bref ils demandent un cadre juste et lisible, une autorité
légitime basée sur les savoirs, une égalité des chances. Au contraire, les
casseurs-pilleurs refusent en bloc les institutions républicaines, ils
expriment un refus massif de notre société de consommation… tout en se livrant
au pillage de produits de marque revendus immédiatement sur internet.
Point
commun avec mai 68 : le débordement des forces politiques.
D’abord un
gouvernement qui n’a rien anticipé, n’a pas compris qu’il fallait agir tout de
suite, annuler les suppressions de postes prévues, entamer immédiatement une
concertation avec les organisations syndicales, lycéennes et étudiantes pour
améliorer Parcours Sup. Il a donné l’impression de brutaliser les lycéen-nes
sans réussir à empêcher les casseurs -pilleurs.
LFI n’a pas
vu venir le piège des violences urbaines qui allaient renforcer son image de
brutalisation, au moment-même où elle entamait une phase d’élargissement de sa
base électorale. Elle aurait dû peser de son influence pour orienter le
mouvement vers les formes d’action non-violentes qui excluent les casseurs –
sit-in, marches de longue distance hors des centres urbains, occupations de
ronds-points.
Comme en
68, la droite et notamment l’extrême droite peut tranquillement se présenter
comme la seule option crédible pour un retour à l’ordre. Comme dirait
Marine : Moi, la France, je l’apaise !
Il y avait
un boulevard ouvert à Marine, là c’est plutôt une autoroute à quatre
voies !
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