Après 25 ans de Conversation, le
constat est troublant : l'expression des femmes y est rare, très rare. De
mémoire je ne me souviens que de trois femmes qui aient vraiment osé se lancer.
Côté hommes, seule une petite proportion s'exprime, mais le déséquilibre
inter-genre est massif et constant. Il corrobore les études sur l'infériorisation
de la parole des femmes dans les forums, les assemblées, les partis, les associations,
les conventions citoyennes ou à l'Assemblée. Des thèses et des mémoires en
études de genre relient ce phénomène à l'héritage de la domination masculine :
nous vivons encore dans le vieux monde de la suprématie des mâles où les femmes
n'ont pas voix au chapitre.
Malgré mai 68, #Metoo, après des décennies de féminisme, les études mettent
systématiquement en évidence ce fait têtu : les femmes ne se sentent toujours
pas légitimes pour parler de politique générale, elles perçoivent ce champ sur
le mode d'une compétition agressive entre mâles pour le pouvoir plutôt que
celui d'une coopération de tous en vue du bien commun. Du côté des
intellectuelles, Hannah Arendt et Simone Veil ne compensent pas la pléthore de
noms masculins sur les rayons Philosophie politique. Quant aux femmes
politiques, elles n'accèdent que rarement aux plus hauts postes, et pour ce
faire elles adoptent la rhétorique des mâles, changez les voix, on entend des
mecs, même assurance, même vacuité.
Si la politique est une affaire d'hommes, où est le problème ?
1) La parole
est colonisée, et l'écriture massivement remplacée par la nov'langue algorithmique
standardisée des IA (dé)génératives au service des structures de pouvoir
capitalistes... dirigées par des mâles blancs : les IA sont des mecs !
2) La
catastrophe éco-socio-écologique est essentiellement causée par les mâles aux manettes
du Capitalisme cannibale*. Il fallait
une femme, Nancy Fraser, pour en démonter méticuleusement le mécanisme genré,
illustrant à quel point la voix des femmes est précieuse.
Si la politique reste une affaire d'hommes, nous sommes très très mal barrés.
*Le
capitalisme est un cannibalisme, Nancy Fraser Agone, 2025
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