Dans une
démocratie, on peut s’affronter - parait-il - sur le terrain des idées sans
avoir à se combattre armes à la main.
Cela vaut-il
mieux quelques fois ou faudrait-il rétablir les forums armes à la main ? Bicose
dans une démocratie, les conflits d’idées remplacent la violence, le débat
permettant à chacun d’exprimer ses positions sans que la force décide de
l’issue. Cette confrontation pacifique protège les vies et laisse place au
compromis. Certes, l’histoire montre que lorsque la parole est étouffée,
certains se tournent vers la lutte armée ce qui indiquerait l'échec du dialogue.
On me dit
dans l’oreillette que le véritable progrès politique consiste à accepter
l’opposition et à chercher des solutions par les mots plutôt que par les armes.
Le conflit armé peut parfois apparaître, dans l’histoire, comme une réponse
quand toutes les voies pacifiques sont impossibles et il entraîne presque
toujours des conséquences très lourdes : pertes humaines, destruction,
traumatismes durables et cycles de vengeance. C’est, parait-il, pour éviter ça
que les démocraties cherchent à organiser le désaccord autrement : débat, vote,
justice, manifestations, ces mécanismes permettant que les oppositions existent
sans que la violence décide de tout.
Qu’on dit !
Regretter le
conflit armé reviendrait en quelque sorte à préférer la force à la parole,
cependant l’idéal démocratique consiste plutôt à accepter le conflit mais à le déplacer
sur le terrain des idées où chacun peut participer, où le plus rhétoricien l’emporte
sans que pour cela ça signifie qu’il aurait raison sur les faits. Des années de
démocratie sans affrontement armé montrent qu’une société peut gérer ses
désaccords ou ses contradictions (comme aiment à le dire les marxistes) sans
recourir à la violence. Le débat, les élections et les institutions offrent des
moyens de régler les conflits tout en préservant la vie en société avec comme
alibi un apprentissage collectif disant que la force n’est pas nécessaire pour
trancher les divergences. Il révèle aussi que la paix politique demande des
règles, du respect et une volonté d’écouter l’autre. La démocratie n’efface pas
les tensions, mais elle apprend à les transformer en dialogue plutôt qu’en
combat.
Y a des fois
où, personnellement, je regrette le temps béni des duels ou des affrontements
barre de fer à la main (coucou Alain Madelin que j’ai bien connu à la Mutualité
en juin 1973) et, je dirais pour finir, que si les élections servaient réellement
à quelque chose, ça ferait bien longtemps qu’elles eussent été supprimées.
Alexandre